2008 – Nathalie Delecour dans sa plénitude

Elle a brûlé ses toiles le week-end dernier, au grand dam de son mari. Quelques peintures exécutées il y a trois, quatre ans, jamais exposées, tombées en disgrâce à ses yeux. « Je ne fais pas dans l’autosatisfaction », lâche d’emblée Nathalie Delecour. A 48 ans, la peintre flamande tourne définitivement une page artistique. Son œuvre cède du terrain à l’abstraction, une tendance amorcée en 2006.

« J’ai peint beaucoup de femmes, j’ai commencé à éprouver une lassitude, explique la native d’Hazebrouck. J’ai eu envie de changer, j’ai fait le tour de la femme ! » Sur son carton d’invitation à l’exposition de la galerie Schèmes, Nathalie Delecour est comparée à du « bon vin qui se bonifie en vieillissant », qui aurait atteint une « plénitude » et une « maturité remarquable ».

Mystère

Maturité. Le mot est lâché. A force de travail, de huit à neuf heures par jour dans son atelier situé à l’étage de sa demeure hondeghemoise, l’artiste s’est perfectionnée. Et a affirmé son style. La touche Delecour ? La gaieté et l’idéalisme pour sublimer la nature. Ses ports de pêche du Sud baignent dans une lumière rouge rehaussée de palmiers aux feuilles jeunes. Ses marines, inspirées de la Mer du Nord, diffusent une mélancolie qui ne sombre pas dans la tristesse. Des évocations de voyage, des souvenirs d’enfance… autant d’images ramenées par l’écume de la mémoire. « J’essaie de créer une ambiance, un mystère. Je veux que le public imagine à son tour ce qu’il veut. Si je peux transmettre une émotion par ma peinture c’est extraordinaire ! », S’exclame celle qui se définit plutôt comme une coloriste. Sur de grands formats, Nathalie Delecour s’exprime avec plus d’aisance, ses amples coups de couteau ne sont pas soumis aux lois du cadre. « Je peins au grès de ma fantaisie avec beaucoup de spontanéité, commente-t-elle. J’essaie de m’amuser, de prendre du plaisir… En cela, je me sens artiste ».

Tandis que ses enfants s’apprêtent à voler de leurs propres ailes, Nathalie Delecour envisage de prendre l’art encore plus au sérieux.

Vendredi 18 Avril – L’indicateur

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